Cherche donneurs de moelle osseuse

, par  Léa Vandeputte

L’Agence de la biomédecine veut encourager les 18-35 ans, et plus particulièrement les hommes, à s’inscrire sur le registre des donneurs de moelle osseuse. L’objectif est d’offrir de meilleures chances de greffes aux malades.

Une nouvelle campagne de sensibilisation au don de moelle osseuse vient d’être lancée par l’Agence de biomédecine. En informant le grand public, elle espère « continuer d’enrichir le registre de façon qualitative, afin d’offrir les meilleures chances de greffe aux malades ».

Un don différé

La particularité du don de moelle osseuse, contrairement aux autres types de dons comme le don du sang par exemple, est qu’il n’est pas immédiat. Le « veilleur de vie », surnom donné aux inscrits sur le registre, doit répondre à un questionnaire de santé puis accepter un prélèvement salivaire ou une prise de sang qui permettra d’établir sa « carte d’identité biologique ». C’est cette carte qui permet ensuite de trouver un couple donneur-patient compatible. Le donneur peut donc être contacté juste après son inscription, quelques années plus tard ou jamais. « Un donneur est contacté en moyenne 8 ans après son inscription sur le registre », indique ainsi l’Agence de biomédecine. « C’est avant tout un engagement ferme qui est requis, le don effectif n’intervenant pas forcément, complète Emmanuelle Cortot-Boucher, sa directrice générale. Mais si l’on est appelé un jour, même des années après son inscription sur le registre, il faut tenir sa promesse, car elle peut sauver une vie. » Une fois que le donneur a répondu présent, le prélèvement s’effectue, dans 80 % des cas, par une simple prise de sang – dans les 20 % des cas restants une ponction dans les os postérieurs du bassin est nécessaire.

Masculiniser, rajeunir et diversifier le registre

L’âge est le premier critère de sélection des donneurs : ils doivent avoir entre 18 et 35 ans. « Les greffons des personnes jeunes sont ceux qui donnent le plus de chances aux malades, car ils sont plus riches en cellules souches hématopoïétiques (cellules sanguines produites par la moelle osseuse), ce qui favorise la prise de greffe », explique l’Agence. Il faut dire que les dons sont d’une importance capitale pour soigner les enfants et les adultes touchés par une maladie du sang, une pathologie métabolique ou encore génétique. Et pour trouver un donneur dont la « carte d’identité biologique » est compatible avec un patient, il est nécessaire que le registre reflète la diversité d’origines de la population française. « Diversifier les profils de donneurs volontaires est le moyen d’augmenter de manière significative les chances de trouver un donneur compatible : c’est un facteur essentiel de la qualité du registre », insiste Emmanuelle Cortot Boucher.
Autre critère de choix : le sexe du donneur. Sur les 23 769 nouveaux inscrits sur les registres en 2021, 76 % sont des femmes et 24 % sont des hommes. L’Agence de biomédecine recherche donc des profils masculins. D’autant que « les médecins greffeurs ont constaté qu’une greffe réalisée à partir d’un prélèvement de cellules de moelle osseuse effectué chez un homme augmente les chances de réussite de la greffe pour le patient, ajoute-t-elle. Ceci s’explique par des facteurs immunologiques : les anticorps, absents chez les hommes et développés naturellement par les femmes lors de chaque grossesse, complexifient la bonne tolérance du greffon de moelle osseuse pour le malade. » Pour s’informer et s’inscrire, les candidats sont invités à se rendre sur le site Dondemoelleosseuse.fr.

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