Comment stimuler son cerveau ?

, par  Ciem

Le cerveau est une formidable machine que nous utilisons tous les jours. En véritable chef d’orchestre, il nous permet de penser, dormir, regarder, ressentir, aimer, créer ou encore échanger avec les autres. Pour le maintenir en bonne santé et développer pleinement ses capacités, notre hygiène de vie est déterminante.

Le cerveau est un organe fascinant et encore très mystérieux. Celui-ci
permet à notre organisme tout entier de fonctionner et peut exécuter des missions complexes, comme nous faire réfléchir. Cette machine bien huilée, nous sommes nombreux à vouloir l’entretenir correctement pour qu’elle marche le plus longtemps possible. Mais comment s’y prendre ? À cette question, Séverine Sabia, chercheuse en épidémiologie du vieillissement et des maladies neurodégénératives à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), répond qu’avoir «  une hygiène de vie saine est la clé ». « De façon générale, notre mode de vie peut être bénéfique ou au contraire délétère pour notre cerveau comme pour notre corps », précise-t-elle. Mais agir sur un seul aspect ne suffit pas, car « c’est une combinaison de bonnes habitudes qui est efficace ».

Activité physique et sommeil indispensables

Pour commencer, il faut, comme on le recommande souvent, pratiquer une activité physique régulière. « L’exercice favorise un bon fonctionnement cardiovasculaire, confirme Séverine Sabia. Avoir un coeur en forme permet aussi d’avoir un cerveau en bonne santé. » L’activité physique permet effectivement de limiter le développement des facteurs de risque qui peuvent être à l’origine d’un accident vasculaire cérébral (AVC), par exemple. Elle favorise également l’apport de nutriments et d’oxygène dans le cerveau grâce à l’augmentation du rythme cardiaque, de la respiration et du flux sanguin. Alors un seul mot d’ordre est à retenir : bouger. Visez trente minutes d’activité dynamique par jour. Pour y arriver, marchez, pratiquez votre sport préféré, ou encore jardinez. « Les effets sont bien visibles chez les personnes de 40-50 ans pour qui l’activité est bénéfique pour le fonctionnement cognitif », explique la chercheuse. Cette tranche d’âge charnière est particulièrement étudiée par les scientifiques. Séverine Sabia a ainsi été à la tête d’une étude publiée en avril 2021 qui a démontré le lien entre la durée du sommeil et le risque de démence. « Nous avons établi que dormir six heures ou moins par nuit entre l’âge de 50 et de 70 ans est associé à un risque accru de démence », précise-t-elle. Mieux vaut donc prendre soin de ses nuits, d’autant que c’est pendant le sommeil que le cerveau renforce les apprentissages et « se nettoie » des déchets et toxines accumulés durant la journée.

J’ai bien mangé et j’ai peu bu

Côté nutrition, le cerveau a besoin de divers nutriments pour fonctionner comme il faut. « Une mauvaise alimentation peut provoquer la survenue de maladies métaboliques (diabète, obésité), qui sont des facteurs de risque de démence. On peut donc imaginer qu’une alimentation saine peut avoir un impact positif sur le cerveau de façon indirecte », estime Séverine Sabia. Là encore, il faut suivre les recommandations des autorités de santé : manger des fruits, des légumes et des légumes secs, des féculents complets, du poisson ou des produits laitiers. Évidemment, réduire sa consommation d’alcool est une bonne idée. « Au-delà de deux verres par jour, chaque verre supplémentaire augmente le risque de démence », prévient la chercheuse. Autre facteur de risque sur lequel il est possible d’agir : le tabac. En plus de soulager le porte-monnaie, ne plus fumer préserve le cerveau. « Cinq à dix ans après l’arrêt, on observe une diminution importante des effets délétères du tabagisme », indique Séverine Sabia. Les fumeurs voient en effet leurs capacités cognitives décroître plus rapidement que celles des non-fumeurs, à cause, entre autres, du monoxyde de carbone issu de la combustion qui altère le fonctionnement du réseau vasculaire.

Faire travailler ses méninges

Une fois ces mesures hygiéno-diététiques prises, reste à entretenir son cerveau. « La lecture, les jeux et toutes les activités intellectuelles que l’on va pratiquer sont globalement bénéfiques », souligne la chercheuse. Attention toutefois, rien ne sert de se lancer à corps perdu uniquement dans les sudokus – sauf si l’on aime ça, bien sûr –, car c’est la variété des activités et des situations auxquelles on est confronté qui maintient notre « réserve cognitive ». Plus celle-ci est importante, plus le cerveau peut affronter les dommages causés par le vieillissement ou l’apparition d’une maladie. Les interactions sociales participent elles aussi à cette diversité de sollicitations. « Elles ont un impact positif général, et particulièrement sur la santé mentale », confirme Séverine Sabia. Voilà une bonne raison de se retrouver à plusieurs pour philosopher autour d’un café.

Léa Vandeputte

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