Construire une Europe de la santé : une priorité pour le Cese

, par  Léa Vandeputte

La crise de la Covid-19 a démontré la nécessité de créer une Europe de la santé estime le Conseil économique social et environnemental (Cese) qui appelle la France et l’Union européenne à en faire une priorité politique.

En cette période de présidence française de l’Union européenne (UE), le Cese a adopté le 12 avril, par 137 voix contre 20, un avis intitulé « Comment construire une Europe de la santé ? ». Les membres du conseil sont partis d’un constat : « si 74 % des Européens déclarent souhaiter que l’UE acquière davantage de compétences pour faire face aux crises sanitaires et notamment aux futures pandémies (Eurobaromètre du Parlement européen), 48 % d’entre eux seulement s’estiment satisfaits de son action pendant la pandémie [de Covid-19, NDLR], pointant notamment son retard (Conférence sur l’avenir de l’Europe) ». La constitution d’une véritable Europe de la santé « coordonnée, efficace et protectrice pour les citoyens » semble donc incontournable pour le Cese qui appelle les instances européennes et les États membres à en faire une « priorité politique ».

Un modèle adapté aux besoins des citoyens

Pour y arriver, le conseil a formulé 17 recommandations. Il préconise notamment de « définir une véritable stratégie européenne de la santé, à même de renforcer sa voix sur la scène internationale ». Cela nécessite « un portage et un pilotage au plus haut niveau ». Ainsi, la commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire, sous le contrôle du Parlement européen, devrait être responsable de la coordination des différentes agences sanitaires de l’UE. Elle aurait également pour mission d’articuler les différentes politiques publiques européennes. L’Europe de la santé devra reposer sur les valeurs « de solidarité et de cohésion sociale et territoriale ». Elle devra également prendre en compte « la santé animale et les objectifs environnementaux de l’UE ».

Prévention, santé mentale, santé au travail

Autre recommandation phare, le Cese considère que la prévention, la santé mentale et la santé au travail doivent être les trois thématiques principales de la nouvelle Europe de la santé. Sur ce dernier sujet, le conseil soutient le Parlement européen qui souhaite élaborer une directive sur les risques psychosociaux et le bien-être au travail. Par ailleurs, la démocratie sanitaire devra être développée. Les citoyens devront pouvoir participer aux systèmes de gouvernance des agences européennes de santé. Enfin, en cas de crise sanitaire grave, le Cese demande à la Commission européenne d’appliquer son règlement qui prévoit la levée des brevets pour permettre l’exportation vers des pays qui connaissent des difficultés sanitaires.

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