Don du sang : une semaine de sensibilisation aux sangs rares

, par  Isabelle Coston

Pour la première fois, l’Établissement français du sang mène une campagne de sensibilisation aux sangs rares.

Du 15 au 21 novembre, l’Établissement français du sang (EFS) organise la première édition de la semaine de sensibilisation aux sangs rares, l’occasion d’attirer l’attention sur cet enjeu de santé publique et de mettre l’accent sur l’importance de la diversité des donneurs. Afin de pouvoir transfuser tous types de patients, « il est en effet indispensable que tous les Français, quelle que soit leur origine, se mobilisent pour le don de sang », insiste l’EFS dans son communiqué.

Groupe commun ou rare ?

On qualifie un groupe sanguin de rare lorsque sa fréquence dans la population est suffisamment faible pour créer un déséquilibre entre le nombre de donneurs et les besoins des malades. « Certains sont même si rares que moins de 4 personnes sur 1 000 le possèdent », précise l’EFS. Tout le monde connaît en effet les groupes sanguins A, B, O positif ou négatif, qui sont les plus répandus, mais il en existe d’autres, dont certains très rares. « Notre sang est également marqué par une multitude d’autres groupes moins connus du grand public (on parle de phénotypes) qui peuvent varier en fonction des origines géographiques de chacun », souligne l’EFS. Tout dépend de la zone géographique dans laquelle on se trouve. En Chine, par exemple, contrairement à l’Europe, le rhésus négatif (Rh-) est presque inexistant. De la même manière, certains groupes sanguins répandus sur le continent africain sont moins courants en France métropolitaine. On parle alors également de sangs rares.

Donneurs d’origine africaine particulièrement recherchés

En France, les personnes originaires ou ayant des ancêtres originaires du continent africain, de l’océan Indien et des Caraïbes ont plus de chances d’avoir un groupe sanguin rare. Ces personnes sont donc très recherchées, car leur sang permet de soigner des malades en attente d’une transfusion et possédant le même groupe sanguin rare. Pour illustrer son propos, l’EFS fait témoigner des personnes soignées par des transfusions régulières. À l’image de Lyne, atteinte de drépanocytose (une maladie grave du sang qui touche majoritairement les personnes d’origine africaine ou antillaise), qui pour vivre a besoin toutes les six semaines d’une transfusion sanguine.
La drépanocytose touche en France 20 000 personnes, dont 500 nouveau-nés chaque année. « Elle entraîne des crises de douleurs intenses, des anémies très sévères, des infections, des insuffisances respiratoires, détaille l’EFS. Pour vivre, ces patients n’ont souvent pas d’autre choix que de compter sur la générosité des donneurs de sang, et certains peuvent avoir besoin tous les mois de transfusions sanguines, et ce tout au long de leur vie. »

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