Hépatites : encore trop de personnes atteintes sans le savoir

, par  Delphine Delarue

D’après les dernières estimations du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), la France est encore bien loin de l’objectif fixé par l’OMS selon lequel 90 % des personnes atteintes d’une hépatite B ou C doivent être diagnostiquées d’ici 2030. Pour y parvenir, les actions de prévention et de dépistage doivent encore être renforcées, estime la direction générale de la Santé.

« Bien que l’activité de dépistage des hépatites virales B et C (…) soit importante en France, trop de personnes demeurent non testées et porteuses d’infections virales non diagnostiquées », estime Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, qui signait mardi l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)https://www.santepubliquefrance.fr/... diffusé à l’occasion de la Journée nationale des hépatites virales. D’après les dernières estimations fournies par les études publiées dans ce numéro du BEH, en France métropolitaine, 0,3 % de la population âgée de 18 à 75 ans serait atteinte d’une hépatite B chronique et 0,3 % d’une hépatite C chronique, soit environ 135 000 individus pour chacune des deux maladies. Et parmi ces personnes, la part de celles connaissant leur infection a été estimée à 80,6 % pour l’hépatite C et à seulement 17,5 % pour l’hépatite B. On est donc encore loin de l’objectif total des 90 % des personnes infectées diagnostiquées d’ici à 2030.
Baisse de prévalence à tempérer
Autre point à souligner : la baisse de prévalence de ces deux pathologies par rapport aux précédents chiffres (0,65 % en 2004 et 0,42 % en 2011 respectivement). Toutefois, du fait des différences de méthodes utilisées, « il convient d’être prudent dans la comparaison de ces estimations, soulignent les chercheurs. En particulier, l’utilisation de sang total déposé sur buvard pour Baro Test a pu conduire à une sous-estimation des prévalences (…) par rapport à l’enquête de prévalence de 2004, à cause d’une possible perte de sensibilité ». Les dernières estimations doivent en outre être prises avec précaution dans la mesure où la méthodologie (recrutement par téléphone et auto-test) rendait difficile la prise en compte des personnes marginalisées comme les sans-domicile fixe ou les usagers actifs de drogue dont la prévalence des hépatites est généralement plus élevée.
Semaines régionales de dépistage
Quoi qu’il en soit et même si la lutte contre les hépatites a connu d’importantes avancées depuis quelques années (on sait aujourd’hui garder sous contrôle le virus de l’hépatite B et les traitements antiviraux d’action directe guérissent désormais 95 % des malades atteints d’hépatite C), des progrès doivent encore être faits en matière de prévention et de dépistage, estime Jérôme Salomon. « Il nous faut lever tous les freins (…) et parallèlement favoriser le dépistage répété parmi les populations les plus exposées, précise-t-il. Nous allons renforcer les incitations aux dépistages des hépatites virales, notamment par l’organisation d’une semaine régionale du dépistage chaque année ».

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS