Les aliments industriels pour bébés sont trop sucrés

, par  Isabelle Coston

On le savait des aliments pour adultes, mais c’est également vrai pour ceux destinés aux tout-petits : l’industrie agro-alimentaire a la main lourde sur le sucre. Les aliments pour bébés en contiennent trop et leur étiquetage est souvent inapproprié, dénonce l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans un communiqué publié lundi 15 juillet, l’OMS alerte sur la teneur trop élevée en sucre des aliments pour bébés. Après avoir analysé près de 8 000 produits dans plus de 500 magasins différents, entre novembre 2017 et janvier 2018, dans quatre grandes villes (Vienne en Autriche, Sofia en Bulgarie, Budapest en Hongrie et Haïfa en Israël), l’institution révèle que : « La moitié ou plus des produits fournissaient plus de 30 % des calories provenant des sucres totaux (sucre, jus de fruits concentrés ou édulcorants). » Environ un tiers d’entre eux comptaient du sucre ajouté ou d’autres édulcorants parmi leurs ingrédients. De plus, bien que les fruits et les légumes contiennent naturellement du sucre, l’OMS se dit préoccupée par le taux très élevé de sucres libres, constaté par les chercheurs, dans les purées et compotes disponibles dans le commerce.

Bannir le sucre de l’alimentation des nourrissons

Les méfaits du sucre sont connus : outre le fait qu’il est à l’origine des caries dentaires, consommé en excès, il entraîne également un risque de surpoids, voire d’obésité. Or, « ces arômes et sucres ajoutés peuvent exercer une influence sur les préférences gustatives des enfants en augmentant le goût pour les aliments plus sucrés », souligne l’organisme international. Le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, insiste notamment dans le communiqué sur l’importance d’une « bonne nutrition durant la période néonatale et la petite enfance […] afin d’assurer une croissance et un développement optimaux de l’enfant, et de meilleurs résultats sanitaires plus tard dans la vie, y compris la prévention du surpoids, de l’obésité et des maladies non transmissibles (MNT) liées au régime alimentaire ».

Des messages marketing qui sèment la confusion

L’OMS, qui recommande que les nourrissons soient exclusivement nourris au lait maternel pendant les six premiers mois de leur vie et qui souhaiterait mettre fin à la promotion des substituts du lait maternel, regrette par ailleurs qu’un grand nombre de ces produits pour bébés (entre 28 et 60 %) soient commercialisés sous la mention « convient aux enfants de moins de six mois », ce qui entretient le doute dans l’esprit des parents. L’organisme international préconise en outre que tous les enfants âgés de 6 à 36 mois reçoivent une alimentation à base d’aliments riches en nutriments, préparés à la maison. Sur les emballages des jus de fruits, lait concentré ou friandises pour enfants devrait donc plutôt être apposée la mention « ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois ». Cela permettrait non seulement d’éliminer de leur alimentation les sucres et les édulcorants ajoutés par l’industrie agro-alimentaire, mais aussi de leur donner de bonnes habitudes dès le plus jeune âge et de préserver ainsi leur santé future.

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