Lignes à très haute tension : une « association possible » avec la leucémie chez l’enfant

, par  Léa Vandeputte

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) confirme le lien entre l’exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences et le risque à long terme de leucémie infantile.

L’Anses a publié, le 21 juin 2019, un nouveau rapport qui alerte sur le risque « possible » de leucémie liée aux lignes à très haute tension. L’agence avait déjà réalisé une expertise sur ce sujet en 2010 et avait abouti à la même conclusion. Mandatée par les ministères en charge de la Santé, du Travail, de l’Environnement et de l’Agriculture pour mettre à jour ses informations, elle a, cette fois-ci, analysé l’ensemble des connaissances scientifiques disponibles et financé des campagnes de mesures.

48 000 enfants concernés

« Les populations sont exposées à de multiples sources de champs électromagnétiques, que ce soit en environnement extérieur via les lignes électriques, les transports, les transformateurs, ou en environnement intérieur via les appareils électroménagers », constate l’Anses avant d’ajouter : « [Les études] montrent, en particulier, que les valeurs les plus élevées en milieu extérieur sont mesurées notamment sous des lignes électriques à très haute tension et à proximité immédiate des locaux des transformateurs ou des sous-stations électriques. À l’intérieur des habitations, des niveaux élevés de champ magnétique peuvent être produits par des appareils domestiques, mais l’exposition à ces appareils est très brève et très localisée. » Une enquête, menée par une équipe de l’Inserm et du CHU de Caen et financée par l’Anses, estime qu’environ 40 000 enfants de moins de 15 ans (soit 0,35 % de la population) sont exposés à leur domicile à un champ magnétique supérieur à 0,4 µT, et environ 8 000 enfants (soit 0,18 %) sont scolarisés dans une école exposée à cette même valeur.

Une solution : limiter l’exposition

Face aux risques qui pèsent sur la santé des plus jeunes, l’Agence recommande « de limiter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à hautes tension ainsi que les expositions ». Pour cela, elle préconise « de ne pas installer ou aménager de nouveaux établissements accueillant des personnes sensibles (hôpitaux, écoles…) à proximité immédiate des lignes à très haute tension, ni d’implanter de nouvelles lignes au-dessus de tels établissements ». Par ailleurs, la réglementation française n’encadre pour le moment que les niveaux d’exposition à proximité des lignes de transport et de distribution d’électricité. Les experts demandent « d’étendre cette disposition réglementaire à l’ensemble des sources de champs électromagnétiques exposant la population générale ».

Des travailleurs aussi touchés

Certains salariés sont aussi exposés à des champs magnétiques basses fréquences – parfois à des niveaux très élevés – comme lors de l’utilisation de certaines machines industrielles par exemple. Des études expérimentales ont d’ailleurs mis en évidence de possibles effets biologiques (stress oxydant, effets génotoxiques, effets sur la physiologie cellulaire). Là encore, l’Anses incite à réduire, le plus possible, les situations de surexposition « en adaptant notamment les postes de travail » et, en cas de grossesse d’une salariée, à « mieux informer et sensibiliser les femmes sur les dispositions réglementaires d’aménagement de leur poste de travail lorsqu’elles sont enceintes, afin de limiter l’exposition du fœtus aux champs électromagnétiques basses fréquences ».

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