Une nouvelle complémentaire santé pour les plus démunis

, par  Léa Vandeputte

La Complémentaire santé solidaire entrera en vigueur le 1er novembre. Ce nouveau dispositif, plus facile d’accès, permettra aux ménages les plus modestes de mieux se soigner.

A partir du 1er novembre 2019, l’Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) sera supprimée et la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) étendue pour devenir la Complémentaire santé solidaire (CSS). Lors de la présentation de ce dispositif destiné aux personnes aux revenus modestes, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a indiqué : « Notre objectif est que plus personne ne renonce aux soins pour des raisons financières et que la santé pour tous ne soit pas juste un slogan ».

Plus de 10 millions de bénéficiaires potentiels

Jusqu’à présent, les deux aides existantes permettaient aux plus démunis de bénéficier d’une prise en charge complémentaire de leurs frais de santé. Mais l’ACS n’avait pas rencontré son public : en 2018, près d’une personne sur quatre n’a pas utilisé son chèque ACS pour souscrire un contrat de complémentaire santé. « Ce phénomène est préoccupant quand on sait que plus de la moitié des assurés sociaux déclarant renoncer à des soins ne disposent d’aucune complémentaire santé », a souligné le ministère. Cette refonte a donc pour objectif de pallier cette situation de renoncement. Plus de 10 millions de personnes pourraient ainsi prétendre à la CSS alors que la CMU-C et l’ACS couvraient 7,1 millions de personnes à la fin du mois de juin 2019.

Offrir une meilleure protection

Le nouveau dispositif permettra d’avoir accès à de nombreux soins sans reste à charge. « Les lunettes et les prothèses dentaires et auditives, qui font partie du panier de soins 100 % Santé et pour lesquelles le reste à charge pouvait être élevé dans le cadre du dispositif ACS, sont désormais intégralement prises en charge », précise le ministère. Autres avantages : les patients n’auront plus à avancer de frais de santé ; ils bénéficieront de tarifs sans dépassement chez les médecins et chez la plupart des autres professionnels de santé ; ils seront exonérés de la participation forfaitaire à un euro et de la franchise médicale ; le forfait journalier en cas d’hospitalisation sera pris en charge sans limitation de durée.

La « mutuelle à un euro »

Pour les bénéficiaires actuels de la CMU-C, rien ne change. En revanche, les personnes qui touchent entre 746 euros et 1 007 euros par mois pourront désormais profiter de la CSS moyennant une participation financière. Celle-ci sera différente selon son âge : 8 euros par mois pour les moins de 30 ans, 14 euros pour les 30-49 ans, 21 euros pour les 50 à 59 ans, 25 euros pour les 60 à 69 ans et 30 euros pour les plus de 70 ans, soit, pour ces derniers, l’équivalent d’un euro par jour d’où le surnom de « mutuelle à un euro ». Les assurés peuvent d’ores et déjà vérifier leur éligibilité grâce aux simulateurs en ligne sur Ameli.fr, et sur le site Mesdroitssociaux.gouv.fr. En complément, le ministère a également mis en place une ligne téléphonique gratuite d’information, le 0 800 971 391.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS