Somnolence au volant : mort de fatigue

, par  Vincent Portois

Les grandes vacances sont arrivées, juilletistes et aoûtiens opèrent leur chassé-croisé habituel. Beaucoup veulent arriver vite sur leur lieu de villégiature, et privilégient les préparatifs sur le sommeil. Une étude menée par l’Ifop-MMA, publiée dans le journal Le Parisien, révèle une baisse de vigilance des Français lors de leur départ en vacances.

Plus de la moitié des détenteurs du permis B avouent avoir déjà vécu un début de somnolence au volant : picotement des yeux, raideurs de la nuque ou du dos, bâillements répétés ou encore manque flagrant de concentration. Ces premiers signes de fatigue doivent immédiatement alerter le conducteur et l’amener à prendre des dispositions pour se reposer avant de poursuivre sa route en toute sécurité. Pourtant, selon l’étude Ifop/MMA en 2017 les personnes interrogées affirment être prêtes à changer leur rythme biologique brusquement pour leur départ en vacances : 79 % se lèvent plus tôt le jour J et 22 % se couchent plus tard la veille, notamment pour finir de préparer les valises. Aussi sensibles aux prévisions du trafic, ils sont 70 % à adapter leur sommeil et leur heure de départ pour profiter d’une circulation plus fluide. Et beaucoup reconnaissent conduire en étant fatigué ou plus de deux heures sans faire de pause, contrairement à ce que recommande la Sécurité routière. Cela est principalement dû à l’envie d’arriver rapidement sur son lieu de vacances (31 %) ou d’être à l’heure (26 %), mais certains déclarent que la fatigue « n’empêche pas de conduire » (18 %) ou encore qu’un trajet effectuer d’une traite évite « des frais supplémentaires » (7 %). Tous ces comportements ne sont pas sans conséquence et le site officiel de la Sécurité routière rappelle que chaque année la somnolence est responsable de 90 000 accidents, dont un sur trois ayant lieu sur les autoroutes est mortel.

Attitude et facteurs contre la fatigue au volant

Les Français ne sont pas contre l’idée de faire plus de pauses, mais selon le sondage, « ceux ayant conduit en étant fatigué avant de prendre le volant ou conduit plus de deux heures sans faire de pause, soit 78 % de l’échantillon », donnent les conditions dans lesquelles ils seraient plus incités à le faire : des aires de repos plus conviviales, disposer de plus d’aires de service ou d’autoroute et être accompagné d’autres personnes durant le voyage. Dans ce dernier cas, si le conducteur est accompagné des passagers ayant leur permis de conduire, il est conseiller de se relayer au volant.
La Sécurité routière assure que la seule chose à faire lorsque l’on ressent les premiers signes de somnolence est de s’arrêter au plus vite pour faire une pause. Cet été, l’organisme s’est allié avec le groupe Sanef, gérant les autoroutes, « pour sensibiliser les vacanciers à l’importance de ces arrêts toutes les deux heures ». Jusqu’au 26 août, ils proposent même un concours photo sur le réseau social Instagram avec le Hashtag #OnPosePourLapause.
Le b.a-ba. de la sécurité au volant reste de suivre son rythme biologique, malgré la préparation de son voyage, de dormir suffisamment d’un sommeil réparateur avant le départ et de bien intégrer des temps de pause dans son itinéraire.

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