Un quatrième plan greffe plus ambitieux que les précédents

, par  Isabelle Coston

Alors que le nombre de demandeurs ne cesse d’augmenter, la crise du Covid a eu pour conséquence une baisse notable du nombre de greffes pratiquées en France. Le nouveau plan 2022-2026 se doit de répondre aux enjeux de santé.

Le lancement du quatrième plan greffe pour les quatre prochaines années vient d’être annoncé par le ministère des Solidarités et de la Santé. Les patients et les professionnels de santé en attendaient beaucoup. Il semblerait que ce nouveau plan soit bien plus ambitieux que les trois précédents.
Le plan greffe n° 3, qui s’est achevé en 2021 était considéré comme un échec par les associations de patients. Dans une tribune du Monde, publiée en décembre dernier, un collectif déplorait que malgré les 4 950 greffes rénales prévues par an en 2021, leur nombre n’avait jamais excédé 3 800, « record » atteint en 2017. « Une dégradation encore amplifiée par l’épidémie de Covid-19 : un millier de greffes rénales en moins en 2020 (– 31 %) et des perspectives 2021 préoccupantes », soulignait ce collectif. En 2020, l’activité de greffe (tous organes confondus) a en effet baissé de de 25 % par rapport à 2019 en France. Pendant ce temps, le nombre de patients en attente d’une greffe continuait d’augmenter…

Trois plans d’actions pour la période 2022-2026

« Fragilisée par la crise sanitaire malgré l’engagement des professionnels de santé, l’activité de prélèvements et de greffes nécessitait une impulsion forte et durable », a souligné le gouvernement, qui a donc défini trois plans d’actions pour les quatre prochaines années dans les domaines « du prélèvement et la greffe d’organes et de tissus », « du prélèvement et la greffe de cellules souches hématopoïétiques » et « de la procréation, l’embryologie et la génétique humaines » en lien avec l’Agence de la biomédecine. Pour être à la hauteur des ambitions, 210 millions d’euros supplémentaires y seront injectés, portant à 2 milliards d’euros le montant des engagements en faveur du prélèvement et de la greffe d’organes (soit une hausse de plus de 10 % par rapport au budget habituellement alloué).

Ces 210 millions devraient permettre la réalisation de 40 % de greffes en plus, soit entre 6 760 et 8 530 greffes d’ici 2026, précise l’Agence de la biomédecine.

Recours à des infirmiers chevronnés

La « professionnalisation des coordinations hospitalières de prélèvement » et l’augmentation des effectifs figurent, notamment, parmi les nouvelles mesures présentées dans le plan. D’ici à 2026, 150 infirmiers en pratique avancée seront ainsi mobilisés pour mieux coordonner les prélèvements à l’hôpital. Le plan prévoit également des financements plus incitatifs pour l’activité de prélèvement et de greffe, des indicateurs de performance pour juger de celle-ci, ou encore un référent « prélèvement et greffe » dans les agences régionales de santé (ARS).
Enfin, « l’intensification de la pratique des prélèvements sur donneur vivant et le développement du prélèvement pédiatrique », font partie des moyens qui seront mis en œuvre pour accroître le nombre de transplantations.

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