Un décès sur huit attribué au tabac en France

, par  Delphine Delarue

D’après les dernières données de Santé publique France, en 2018, le tabagisme a causé la mort de 75 320 personnes en métropole, ce qui correspond à environ 13 % des décès. Si les hommes restent davantage touchés, la proportion de décès attribuable au tabac chez les femmes s’élève rapidement, en raison d’une consommation qui a commencé à augmenter dans les années 60.

« Comme dans la plupart des pays industrialisés, le tabagisme reste la première cause de décès évitable en France », rappelle le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, agence Santé publique France) dans son édition de mardi, quelques jours avant la Journée mondiale sans tabac le 31 mai. D’après les dernières données disponibles, le tabac a causé la mort de 75 320 personnes en métropole (contre 73 000 morts en 2013), soit plus d’un décès sur huit. Des décès majoritairement dus au cancer du poumon (61,7 % des cas), à une maladie cardiovasculaire (22,1) ou à une pathologie respiratoire (16,2 %). Les hommes restent davantage touchés que les femmes : 19 % des décès masculins qui ont eu lieu en 2015 ont le tabac pour origine contre 7 % des femmes. Mais la tendance devrait progressivement s’inverser puisque la consommation de tabac chez les femmes a continuellement augmenté depuis les années 60. Un phénomène déjà observable puisque « entre 2000 et 2015, la proportion de décès attribuables au tabagisme a ainsi augmenté en moyenne de 5,4 % par an chez les femmes contre une diminution de 1,1 % chez les hommes », note le BEH.

Une baisse inédite de la consommation

Malgré tout, même si, avec 25 % d’adultes fumeurs quotidiens en 2018, les Français restent parmi les plus gros fumeurs d’Europe, notre pays enregistre tout de même une baisse inédite de la consommation après plusieurs années de stabilité. En deux ans, entre 2016 et 2018, la France compte 1,6 million de fumeurs en moins. Une bonne nouvelle qui ne traduit pas seulement l’arrêt progressif du tabac par les fumeurs, mais aussi «  la réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme », souligne le BEH. A travers ces résultats, sans doute peut-on voir l’impact positif des politiques publiques menées ces dernières années avec des mesures comme l’augmentation régulière des prix du tabac, le remboursement des substituts nicotiniques ou les campagnes de prévention récurrentes.
Mais malheureusement, « même si cette tendance encourageante se poursuit dans le temps, l’impact sanitaire du tabagisme ne déclinera pas dans un futur proche, en raison de la période de latence qui sépare la consommation tabagique de la survenue des maladies et de la persévérance d’un risque plus élevé pour certaines maladies, même chez les anciens fumeurs », conclut le BEH.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

ARTICLES RÉCENTS