Une campagne pour sensibiliser aux violences éducatives ordinaires

, par  Léa Vandeputte

Le fait de donner une gifle, une fessée, de se moquer ou de faire du chantage à son enfant sont encore trop souvent banalisés alors même que ces attitudes peuvent avoir des conséquences sur son développement. Pour encourager une parentalité sans violences, des associations lancent une campagne d’information.

« Et si l’on respectait l’enfant comme on respecte l’adulte ? », tel est le point de départ de la campagne de sensibilisation aux violences éducatives ordinaires (VEO) menée par l’association Stop VEO et la Fondation pour l’enfance. Le spot, baptisé « Un dialogue », relate une situation de la vie quotidienne entre un père et son enfant. Celle-ci est l’occasion « de transposer ce que nous faisons entre adultes et que nous devrions faire avec les enfants : privilégier le dialogue pour ne pas recourir à des violences », indique le communiqué.

La loi contre les VEO a deux ans

Qu’elles soient physiques (gifles, fessées, gestes brusques) ou psychologiques (insultes, moqueries, chantage), les VEO peuvent avoir des conséquences sur le développement de l’enfant. Et pourtant, celles-ci sont souvent minimisées. « Les études font le constat unanime de l’impact sur la santé des enfants », insistent l’association et la fondation. Si les violences physiques laissent des traces plus visibles (douleurs, ecchymoses, etc.), les violences psychologiques peuvent quant à elles entraîner agressivité accrue, repli sur soi et, sur le long terme, ralentissement du développement cognitif, pertes de mémoire, affaiblissement du système immunitaire, hypertension, ulcères, problèmes de peau, prise de poids, tendances suicidaires… C’est pour lutter contre ces effets néfastes et faire changer les mentalités que la loi relative à l’interdiction des VEO a été promulguée le 10 juillet 2019. Celle-ci précise que « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. » Mais le travail des associations n’en est pas terminé pour autant.

Éduquer autrement

« Après avoir sensibilisé aux risques de reproduction de la violence au fil des générations, à la perception de la violence ressentie par l’enfant, puis aux effets durables de cette violence sur l’enfant devenu adulte, les associations souhaitent aujourd’hui montrer qu’il est possible de faire autrement », expliquent Stop VEO et la Fondation pour l’enfance. Ces dernières encouragent les parents à toujours privilégier le dialogue. « L’éducation sans violence ne veut pas dire laisser l’enfant tout faire, préviennent-elles. On peut écouter ses émotions même fortes quand le jeune enfant ne les contrôle pas, tout en maintenant un "non" si nécessaire ». Elles ajoutent : « Plus l’enfant sera entendu dans ses émotions dès bébé, plus il apprendra à les réguler et fera moins de "crises", qui ne sont pas des caprices mais des tempêtes émotionnelles normales au cours du développement du jeune enfant. Au contraire, si l’on frappe ou si l’on s’énerve auprès de l’enfant, cela lui apprendra à résoudre les conflits par la violence. Ainsi, si l’on souhaite une société apaisée, il est important de cesser nous-mêmes ces comportements violents sur les enfants. »

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