VIH : les seniors aussi sont concernés

, par  Léa Vandeputte

Le nombre de découvertes de séropositivité chez les plus de 50 ans a augmenté ces dernières années et l’infection est souvent diagnostiquée tardivement. Face à ce constat alarmant, Santé publique France recommande de sensibiliser au risque d’infection à tous les âges de la vie.

En 2016, 1 184 personnes âgées de plus de 50 ans ont appris leur séropositivité en France, ce qui représente 20 % de l’ensemble des découvertes de l’année. Ces résultats inquiétants ont été révélés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France publié mardi 27 novembre, à quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre le sida qui se déroulera samedi 1er décembre. Entre 2008 et 2014, le nombre annuel de détection chez les seniors a en effet augmenté, passant de 1 041 à 1 268, soit 22 % de hausse avant de se stabiliser.

Plus de prise de risques

En 2016, près des trois quarts (72 %) des plus de 50 ans ayant découvert leur séropositivité étaient des hommes. La moitié d’entre eux (51 %) avait été contaminée lors de rapports hétérosexuels et l’autre moitié (47 %) par des rapports sexuels entre hommes. Les femmes, quant à elles, ont majoritairement contracté le virus lors de rapports hétérosexuels. Parmi les seniors interrogés, 48 % ont déclaré n’avoir effectué aucun test de dépistage avant la détection de l’infection. Ce pourcentage est significativement plus élevé que chez les 25-49 ans (42 %). L’infection est par ailleurs souvent diagnostiquée tardivement : ils sont 20 % à avoir appris leur séropositivité au stade sida (contre 10 % chez les 25-49 ans). Enfin, la part des infections récentes chez les seniors, à hauteur de 28 % (contre 31 % chez les 25-49 ans), témoigne, pour les auteurs de l’étude, « de prises de risque dans cette classe d’âge ».

Encourager le dépistage

Pour Santé publique France, ces résultats « soulignent l’importance d’accroître le recours au dépistage des seniors, en les sensibilisant au risque d’infection à tout âge de la vie, et de promouvoir la proposition de dépistage par les professionnels de santé chez les plus de 50 ans ». L’institution va plus loin et propose même d’inscrire la proposition de dépistage « dans les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) qui a confirmé, en 2017, l’intérêt de proposer un test de dépistage du VIH au moins une fois dans la vie à la population générale de 15 à 70 ans ». « Les nouvelles contaminations qui continuent à se produire au-delà de 50 ans montrent l’importance de poursuivre des actions de prévention incluant cette population », concluent les auteurs de l’étude.

Des préservatifs remboursés

En complément du dépistage, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, veut mettre l’accent sur la prévention. Elle a annoncé mardi 27 novembre, sur l’antenne de France Inter, le remboursement à venir d’une marque de préservatifs masculins sur prescription médicale afin de renforcer la lutte contre le sida. L’information a ensuite été confirmée par un communiqué de presse. Ainsi, « à compter du 10 décembre 2018, un préservatif fera l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie », indique le ministère avant de préciser que « la délivrance, sous forme de boîtes de six, douze ou vingt-quatre préservatifs, s’effectuera en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme ».

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS