Allocation de soutien familial : un outil de lutte contre la pauvreté
L’allocation de soutien familial (ASF) est versée aux personnes qui élèvent seules leur enfant, sans l’aide de l’autre parent. Sa revalorisation récente a permis de faire diminuer le taux de pauvreté des familles monoparentales.
La revalorisation de l’allocation de soutien familial (ASF) a diminué la pauvreté des familles monoparentales en France. C’est la conclusion d’une publication de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), réalisée avec la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).
Une allocation pour les parents seuls
L’ASF est une prestation versée par les Caisses d’allocations familiales (CAF), ou par la Mutualité sociale agricole (MSA). Elle vise à soutenir les parents qui élèvent seuls leurs enfants de moins de 20 ans, en l’absence de contribution financière de l’autre parent. Elle intervient ainsi en cas de non-versement ou en complément de la pension alimentaire, de décès, ou de non-reconnaissance de l’enfant.
Par ailleurs, elle se décline en deux formes : la « complète », versée lorsqu’aucune pension alimentaire n’est fixée ou perçue, et la « complémentaire », qui comble l’écart entre la pension alimentaire et le montant de l’ASF complète. Enfin, et contrairement à d’autres aides, l’ASF n’est soumise à aucune condition de ressources.
Une revalorisation et plus de bénéficiaires
En novembre 2022, le gouvernement a décidé de revaloriser l’ASF de 50 %, portant son montant maximal de 123 à 184 euros par mois et par enfant. Cette augmentation a eu un impact immédiat : de nouvelles familles ont pu en bénéficier. « En effet, celles percevant une pension alimentaire comprise entre 123 euros (l’ASF complète avant revalorisation) et 184 euros (l’ASF complète revalorisée) sont devenues éligibles à l’ASF complémentaire », précisent les auteurs de la publication. Dès 2023, ce sont 39 000 nouveaux foyers qui ont ainsi perçu l’ASF, soit une hausse de 5 % du nombre d’allocataires.
Au total cette année-là, 3,04 milliards d’euros ont été versés au titre de l’ASF. Et 879 000 familles monoparentales et 1,4 million d’enfants sont concernés.
Un levier contre la pauvreté
« Pour l’ensemble de ses bénéficiaires, l’augmentation du montant d’ASF perçu à la suite de la revalorisation s’est traduite par une augmentation équivalente du revenu disponible », constate la Cnaf.
Pour une famille monoparentale sans revenu et avec un enfant, l’ASF représente désormais près de 15 % du niveau de vie. Elle atteignait 10 % avant la réforme. Pour celles percevant le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), le gain équivaut à 3 % du niveau de vie.
L’impact social de cette allocation
Au-delà de l’aspect financier, la revalorisation de l’ASF a eu un effet structurant sur la réduction des inégalités. Ainsi, les 20 % de familles monoparentales les plus modestes ont vu leur niveau de vie augmenter de 2,3 %. Un résultat important quand on sait que ces dernières figurent parmi les plus pauvres. En 2022, le taux de pauvreté des familles monoparentales s’établit à 31,4 %. Il était de 14,4 % pour l’ensemble de la population. Une difficulté supplémentaire qui peut participer à l’épuisement parental (lire notre article).
« La revalorisation de l’ASF diminue leur taux de pauvreté monétaire de 1,5 point, précisent les rédacteurs. Elle réduit également de 1,8 point le taux de pauvreté des enfants des familles monoparentales. »
De plus, « l’écart entre le niveau de vie médian des familles monoparentales vivant en dessous du seuil de pauvreté et le seuil de pauvreté, rapporté au seuil de pauvreté lui-même, se réduit », ajoutent-ils. Il baisse en effet de deux points. Même constat pour les enfants eux-mêmes. Le niveau de vie médian de ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté s’améliore.
La revalorisation de l’ASF a donc marqué un tournant dans la lutte contre la pauvreté. Si ses effets sont tangibles, son avenir dépendra des prochains choix budgétaires. Mais une chose est sûre, cette allocation reste indispensable pour de nombreux parents et enfants.