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Adhérents et salariés : Mutuelle Mip s’engage contre les violences conjugales

Les violences conjugales sont encore trop souvent perçues comme des disputes qui dégénèrent, des colères incontrôlées ou des situations ponctuelles. Pourtant, la réalité est plus complexe.

Les violences conjugales relèvent d’un mécanisme d’emprise insidieux, progressif qui transforme le foyer – un espace supposé protecteur – en une prison invisible. Loin de se limiter à la sphère privée, ces violences traversent l’ensemble du parcours de vie des victimes, affectant leur santé, leur travail, leurs relations sociales et leur autonomie.

Sortir des idées reçues : comprendre le contrôle coercitif

En 2024, les services de sécurité ont enregistré près de 272 400 victimes ; un chiffre qui a doublé en moins de dix ans, révélant l’ampleur d’un phénomène qui ne recule pas. Les données publiées par le ministère de l’Intérieur en octobre 2025 sont sans équivoque :

  • une violence genrée : 84 % des victimes sont des femmes (et 98 % pour les violences sexuelles) ;
  • les violences physiques sont les plus signalées (64 %), les violences verbales et psychologiques (harcèlement, menaces) constituent le socle de l’emprise ;
  • l’atteinte à la vie privée (+ 15 % en un an) montre comment le contrôle s’exerce désormais de manière numérique et constante.

Pour comprendre cette réalité, il est nécessaire de changer de paradigme et de nommer un concept clé : le contrôle coercitif. Théorisé par le sociologue Evan Stark, ce concept décrit une stratégie délibérée et malveillante mise en œuvre par l’auteur des violences pour soumettre, priver et dominer son partenaire ou ex-partenaire. Ce que Stark qualifie de « terrorisme intime » se manifeste par des microrégulations quotidiennes :

  • la surveillance du téléphone ;
  • le sabotage des relations amicales ;
  • le contrôle des déplacements et des finances.

Le contrôle coercitif ne relève ni d’un conflit de couple ni d’un différend parental. Comme le soulignent les travaux d’Andreea Gruev-Vintila, il s’agit d’une atteinte aux droits fondamentaux où les enfants sont des victimes collatérales et exposés à un climat de peur et d’instabilité. Penser les violences conjugales sous le prisme de la coercition permet de changer de regard : on ne cherche plus une supposée « fragilité » chez la victime ni une responsabilité partagée. Cette approche déculpabilise la victime et appelle à des réponses collectives et institutionnelles.

Malgréune relative libération de la parole, la sous-déclaration demeure massive : seules 14 % des victimes signalent les faits aux services de police ou de gendarmerie. Ce silence s’explique par la peur de ne pas être crue, la crainte de représailles, la dépendance économique et par le risque de voir sa parole retournée contre soi par procédures judiciaires instrumentalisées par l’auteur des violences.

Ces violences ont des conséquences durables sur l’intégrité physique et psychique. Elles aggravent la précarité, renforcent l’isolement social et constituent une urgence de santé publique au croisement de la santé mentale, de la santé physique et de la protection sociale. C’est pour contribuer à briser ce cercle d’isolement et de vulnérabilité que Mutuelle Mip s’engage aux côtés des victimes dans une démarche de prévention, de sensibilisation et soutien.

Mutuelle Mip aux côtés de ses adhérents : un dispositif global

Parce qu’on ne sort pas seul d’une situation d’emprise, Mutuelle Mip met à disposition des adhérents victimes de violences conjugales un accompagnement global pour les soutenir dans le parcours de sortie de la violence.

Les points clés du dispositif 

  • Un service d’écoute : un espace sécurisé et bienveillant pour parler, être entendu et cru, en toute confidentialité. Cette première parole est souvent une étape essentielle pour prendre conscience de la situation et commencer à s’en extraire.
  • L’accompagnement social : des conseillers dédiés pour aider à clarifier la situation, identifier les droits, préparer les démarches de sortie de violence (logement, emploi, ressources, démarches administratives) et ne pas rester seul face à la complexité des procédures.
  • Une aide d’urgence ponctuelle, rapide pour faire face aux besoins immédiats liés à une séparation ou à une mise à l’abri (hébergement, déplacements, premières dépenses indispensables), afin que la question financière ne soit pas un frein à la mise en sécurité.

Un engagement qui commence en interne

Nous appliquons la même exigence de protection auprès de nos équipes par le biais de notre accord égalité femmes-hommes. L’espace de travail est transformé en unsanctuaire de confiance avec des mesures concrètes :

  • acculturer nos managers et nos équipes : nous formons nos collaborateurs à repérer les signaux faibles, à accueillir la parole des victimes avec bienveillance et professionnalisme et à les orienter vers les interlocuteurs internes et externes compétents.
  • sécuriser le quotidien : au-delà du soutien moral, l’accord prévoit des aménagements du temps de travail, des mobilités fonctionnelles et un soutien matériel pour sanctuariser le quotidien et le parcours de sortie de violence.

Dr Jihane Chaari

Témoignage

Une salariée de Mutuelle Mip raconte : « J’en ai parlé à ma manager et le dispositif interne s’est immédiatement déclenché. Je me suis sentie soutenue, accompagnée, et surtout, protégée par une confidentialité totale. Cet appui a été déterminant dans mes démarches de mise en sécurité. Pouvoir continuer à travailler à mon rythme a été une bouée de sauvetage : cela m’a aidée à garder confiance en moi et à préserver un lien social essentiel. »

Pour agir et se protéger

  • Urgence immédiate : appelez le 17 ou envoyez un SMS au 114.
  • Écoute et conseil : le 3919, numéro national gratuit et anonyme (7j/7, 24h/24).
  • Mémo de vie : une plateforme sécurisée pour documenter les faits, stocker vos preuves (photos, documents) et préparer votre sortie de violence en toute confidentialité.
  • Hébergement d’urgence : le 115 pour une mise à l’abri rapide.
  • Droits et justice : contactez le CIDFF de votre département pour un accompagnement juridique gratuit.