Comment retrouver confiance en soi ?
Douter de ses capacités, craindre le regard des autres, hésiter à saisir une opportunité… Le manque de confiance en soi peut freiner la vie personnelle comme professionnelle. Pourtant, loin d’être une fatalité, il se dompte et peut évoluer tout au long de l’existence.
« La confiance en soi est une construction : elle n’est ni innée ni définitivement acquise », rappelle Fanny Bauer-Motti, docteure en psychologie. Elle se façonne d’abord dans l’enfance, à travers le regard des proches. Un environnement sécurisant et valorisant favorise un sentiment de compétence. À l’inverse, des critiques répétées ou une anxiété parentale peuvent fragiliser cette base. Mais rien n’est figé. « Tout au long de la vie, des épreuves – deuil, chômage, rupture – peuvent la faire vaciller… ou au contraire la renforcer. »
Une petite voix intérieure à apprivoiser
Liée à l’estime de soi – qui renvoie à la valeur que l’on s’accorde –, la confiance en soi concerne la capacité à agir dans une situation donnée. Le manque se repère souvent à une petite voix intérieure, critique et envahissante. « C’est cette pensée tyrannique qui vous fait douter, même dans des contextes où vous pourriez avancer sereinement, décrit la psychologue. Par exemple, un avocat va se dire qu’il ne va pas y arriver, quelques minutes avant de plaider, ou un joueur de foot commence à avoir des pensées d’échec sur le terrain. » Ce mécanisme peut toucher toutes les sphères de la vie ou se limiter à un domaine spécifique (familial, amoureux, professionnel, etc.). Bonne nouvelle : la confiance en soi se travaille. Un premier pas consiste à prendre de la distance avec ses pensées. En psychologie, on parle de « défusion cognitive » : reconnaître que l’on n’est pas ses pensées, mais qu’on peut les observer et les choisir.
L’apport des thérapies
Parmi les approches efficaces, les thérapies verbales occupent une place centrale. « Parler est un acte de réparation, reprend Fanny Bauer-Motti. Cela permet de donner du sens à son histoire et de mieux se connaître. » Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), plus ciblées, ont également fait leurs preuves : une méta-analyse publiée en 2018 dans Psychiatry Research* montre qu’elles améliorent l’estime de soi, notamment en modifiant les croyances négatives associées à la perception de soi. Les effets observés restent toutefois variables selonles populations et les protocoles. D’autres outils peuvent être intégrés au quotidien. La visualisation, largement utilisée par les sportifs, consiste à se projeter mentalement dans une situation de réussite, en détail.
Être son propre parent bienveillant
Fanny Bauer-Motti recommande aussi l’écriture comme levier : noter trois domaines dans lesquels on est doué, lister quotidiennement trois événements agréables de la journée, adresser une lettre à cette mère trop critique… Écrire permet de revisiter son histoire et de valoriser ses ressources. Trouver confiance en soi implique de devenir son propre parent bienveillant, de s’adresser des encouragements et de la compassion. Un apprentissage progressif, mais accessible à chacun. Une méta-analyse de 2015** montre qu’une attitude plus douce envers soi est associée à un meilleur bien-être psychologique, ainsi qu’à une diminution de l’anxiété et des affects négatifs. Ce que confirme Fanny Bauer-Motti : « Un regard validant sur soi, c’est un énorme cadeau. Il offre la liberté d’agir et le courage de réussir. »
Clémentine Delignières
À lire : La Confiance en soi, Fanny Bauer-Motti, éditions Ellipses.
* Kolubinski Daniel C. et al. “A systematic review and meta-analysis of CBT interventions based on the Fennell model of low self-esteem” in Psychiatry Research, vol. 267, sept. 2018.
** Zessin Ulli et al. “The Relationship Between Self-Compassion and Well-Being : A Meta-Analysis” in Appl Psychol Health Well Being, vol. 7, no. 3, nov. 2015.

